DRA 2026-2027 · Séance 1 · jeudi 10 septembre

Tout le chemin de l’année, en une séance — avant de le parcourir étape par étape.

Cette page rassemble ce qui a été présenté lors de la première séance : à quoi sert un travail de recherche appliquée, ce que contient le dossier de fin d’année, comment se déroule la démarche de A à Z, quel est le thème de l’année et comment le travail est organisé. Elle sera complétée après chaque séance par une page dédiée. Les documents remis en séance sont listés en bas de page.

Pourquoi faire de la recherche en Licence 3 en alternance ?

Un manager décide tous les jours. Sur quoi ? Sur son intuition (rapide, souvent biaisée), sur son expérience (précieuse, mais locale), sur des opinions (une conviction n’est pas un résultat) — ou sur des preuves : une question précise, une méthode transparente, des conclusions que l’on peut vérifier et discuter. Vous ne faites pas de la recherche pour devenir chercheur : vous apprenez à décider avec des faits.

Le dossier de recherche appliquée (DRA) développe six compétences que vous utiliserez toute votre carrière : rechercher une information fiable ; distinguer une opinion d’un résultat ; construire un raisonnement ; collecter des données ; interpréter des résultats ; transformer un résultat en décision.

Une opinionUne recherche appliquée
Point de départUne impression, un cas vécuUn problème managérial réel, formulé en question
SourcesSouvenirs, presse, réseaux sociauxLittérature scientifique, données collectées
MéthodeImplicite, non reproductibleExplicite : quelqu’un d’autre pourrait la refaire
RésultatUne conviction renforcéeDes hypothèses confirmées… ou non
UsageConvaincreDécider, puis vérifier

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« Les clients n’accepteront jamais un robot à l’accueil » est une opinion. Mesurer ce qui fait varier leur intention de l’accepter est une recherche.

Le dossier de fin d’année et le projet de recherche appliquée

Un dossier, trois parties — et une soutenance

PartieContenuVolumePoints
Introduction généraleContexte de l’alternance, missions, structure du dossier2 pages
1. Présentation de l’entrepriseMission, secteur, organisation, chiffres clés, marchés ; analyse critique de l’évolution et des enjeux3 pages4 (fond 3, forme 1)
2. Missions et activités de l’alternantPour chaque mission : problème, objectif (SMART), méthode, déroulement, résultats, liens avec la formation7 pages8 (fond 6, forme 2)
3. Projet de recherche appliquéeUne démarche scientifique complète sur une question managériale réelle — l’objet de ce cours20 pages8 (fond 6, forme 2)
Conclusion généraleSynthèse et acquis de la formation2 pages

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Les tableaux et figures sont renvoyés en annexe ; le corps du texte y renvoie explicitement (« le modèle de recherche est présenté en annexe 2 »). L’écrit est noté sur 20 ; la soutenance, notée sur 20, dure 45 minutes au maximum : 20 minutes de présentation, 20 minutes de questions au plus, 5 minutes de délibération. Le dossier est déposé en fin d’année universitaire et soutenu à la rentrée suivante ; les dates précises sont communiquées séparément.

Le plan imposé du projet de recherche appliquée

SectionContenuConstruit en
IntroductionContexte managérial, question de recherche, point sur la littérature, problématique, objectifs, annonce du plan (ces intitulés n’apparaissent pas dans le texte)S1 (v1), finalisée en S2
I. Revue de littératureContexte et concepts clés, puis la variable à expliquer (Y), puis les variables explicatives (X)S1 — septembre à novembre
II. Hypothèses et modèleUne hypothèse réfutable par relation X → Y, justifiée par la littérature ; le modèle en schéma (en annexe)S1 — octobre
III. MéthodologieÉchelles issues de la littérature, questionnaire, échantillon, fiabilité et validité, méthode de testS1 — novembre, décembre
IV. RésultatsLes résultats, sans les interpréterS2 — février, mars
V. Discussion, apports, limites, voiesConfrontation à la littérature ; apports théoriques, méthodologiques, managériaux ; limites ; voies de rechercheS2 — mars, avril
Conclusion, bibliographie, annexesUne page de conclusion ; bibliographie normée (Zotero, style « Le tapuscrit ») ; annexes numérotéesS2 — mai, juin

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Ce que le jury évalue

Le projet de recherche est apprécié sur huit critères, chacun sur six niveaux (de « non traité » à « totalement maîtrisé ») : contexte, question, problématique et objectifs ; revue de littérature ; hypothèses et modèle ; rigueur méthodologique ; résultats et discussion ; apports, recommandations, limites et voies de recherche ; qualité scientifique de la rédaction ; normes, sources et annexes. La grille complète est remise avec les documents de la séance.

Deux temps, deux régimes

Premier semestre — collectif. Trois groupes de contexte (un robot chacun), organisés en équipes de 3 à 4 étudiants, construisent le dispositif : revue de littérature, hypothèses et modèle, échelles de mesure, questionnaire et stimulus. L’enseignant arbitre le modèle final et remet le questionnaire définitif. Chaque étudiant administre ensuite le questionnaire auprès de 20 répondants ; les données sont mises en commun par contexte.

Second semestre — individuel. Chaque étudiant analyse la base de son contexte avec l’outil fourni, choisit un angle propre (modérateur, hypothèse additionnelle, comparaison inter-contextes ou déclinaison dans l’entreprise d’accueil), rédige personnellement l’intégralité de son dossier et le soutient.

Le calendrier du premier semestre

DateSéanceÉtapeÀ rendre pour la séance
Jeu. 10/09Cours 1Le DRA de A à Z, le thème, les groupes
Ven. 11/09Cours 2Chercher, lire et ficher un article scientifique (rappel des postures et démarches)
Ven. 25/09Pilotage 1Mise en commun des fiches, matrice de synthèse2 fiches de lecture par étudiant (dont 1 relue sur grille — point d’étape 1)
Mar. 13/10Cours 3 (+ quiz d’étape — point d’étape 2)De la littérature au modèle : problématique, hypothèses, variablesMatrice v2, concepts retenus
Ven. 16/10Pilotage 2Modèle et hypothèses du groupe, revue rédigée ; modèle v2 envoyé au plus tard le 23/10Modèle v1 + tableau des hypothèses
Lun. 16/11Cours 4Mesurer : échelles, questionnaire, stimulus, échantillon (modèle arbitré présenté)Revue v2
Ven. 20/11Pilotage 3Items adaptés, storyboard vidéo, mini pré-testItems.xlsx v1
Mer. 16/12Cours 5Collecter et analyser — lancement de la collecte
Ven. 18/12 et ven. 08/01Pilotages 4 et 5Suivi de collecte, rédaction, répétition de l’oral30 à 40 % des répondants au 08/01
Ven. 15/01Évaluation de l’UEÉpreuve écrite (QCM, 13 h) puis oraux par équipe (à partir de 14 h 30)Support de l’oral
Dim. 31/01Clôture de la collecte20 répondants par étudiant

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Points d’étape et évaluation du premier semestre

Deux points d’étape jalonnent le semestre : la fiche de lecture de l’article du corpus, rendue le 25 septembre et relue avec la grille de la fiche de lecture (retour individuel le 16 octobre), puis un quiz de 20 minutes le 13 octobre, corrigé en séance (postures et démarches de recherche, article scientifique, lecture et revue de littérature). Ils sont obligatoires et pris en compte dans le suivi de votre travail. L’UE est évaluée le 15 janvier : une épreuve écrite (QCM d’une trentaine de questions sur l’ensemble de la démarche) à 13 h, puis un oral d’avancement par équipe à partir de 14 h 30 (12 minutes de présentation, 8 minutes de questions, chaque membre prend la parole ; note d’équipe modulable individuellement). Les points d’étape vérifient en cours de route ce que ces épreuves mesureront.

Faire de la science : la démarche de recherche

Qu’est-ce qu’un projet de recherche appliquée ?

Un projet de recherche appliquée consiste à répondre à une question managériale en mettant en œuvre une démarche de recherche rigoureuse. La question est en lien avec le monde professionnel et interpelle l’apprenti ; elle est traitée indépendamment des missions confiées par l’entreprise. Cette année, le thème est commun — l’acceptation des robots humanoïdes — et décliné par groupe ; ce que vous choisissez, c’est l’extension propre à votre contexte, puis votre angle individuel au second semestre.

Ce que l’on attend de vous : en licence, maîtriser les contenus scientifiques d’un domaine et savoir appliquer avec rigueur une démarche que l’on comprend, à une situation particulière. Le master forme à comprendre comment se construit le savoir ; le doctorat forme à le produire. Le jury évalue la rigueur, pas la nouveauté.

Où se situe votre dossier ? Le champ de la gestion englobe des pratiques, des discours et des connaissances. On les distingue par la nature des effets recherchés (agir, ou comprendre et expliquer) et par la portée des énoncés (locale ou générale). Les pratiques de gestion sont ce que vous faites en entreprise (parties 1 et 2 du dossier) ; le discours managérial énonce des recettes générales dont la validité n’est pas testée ; l’étude de cas comprend une situation particulière sans généraliser ; les sciences de gestion — votre partie 3 — produisent des énoncés à ambition cognitive et à portée générale, mis à l’épreuve des faits. La question n’y est pas « que faire chez nous ? » mais « de quoi dépend l’acceptation ? ».

Une réponse fondée sur des faits

Mener une recherche scientifique, c’est apporter une réponse fondée sur des faits : l’empirisme privilégie l’expérience ou l’observation comme méthode de validation des théories et des hypothèses. Mais l’observation seule ne suffit pas. Bachelard (1934) : « Quel que soit le point de départ de l’activité scientifique, cette activité ne peut pleinement convaincre qu’en quittant le domaine de base : si elle expérimente, il faut raisonner ; si elle raisonne, il faut expérimenter. » La revue de littérature (raisonner) et la collecte (expérimenter) sont les deux moitiés d’un même geste.

Tous les cygnes sont-ils blancs ? Des milliers d’observations concordantes conduisent à la conjecture « tous les cygnes sont blancs ». Mais l’observation passée ne dit rien des observations à venir (Hume) : aucun nombre de cygnes blancs ne prouve la règle, et un seul cygne noir la réfute. C’est la démarche de conjectures et de réfutations qui fait croître les connaissances scientifiques (Popper) : on ne prouve pas une théorie, on la soumet à des tests qui pourraient la réfuter ; une théorie qui résiste est corroborée, jamais démontrée.

Claude Bernard définit la démarche scientifique en trois étapes — observation, hypothèse, expérience — et distingue la théorie de la doctrine : « La théorie est l’hypothèse vérifiée après qu’elle a été soumise au contrôle du raisonnement et de la critique. Une théorie, pour rester bonne, doit toujours se modifier avec le progrès de la science et demeurer constamment soumise à la vérification et la critique des faits nouveaux qui apparaissent. Si l’on considérait une théorie comme parfaite, et si on cessait de la vérifier par l’expérience scientifique, elle deviendrait une doctrine. »

Popper et le critère de démarcation. Un énoncé n’est scientifique que s’il peut être soumis à des tests susceptibles de le contredire : c’est la falsifiabilité, non la vérifiabilité, qui distingue la science. « Il pleuvra ou il ne pleuvra pas demain » ne peut pas être réfuté ; « il pleuvra demain » peut l’être. D’où la forme de vos hypothèses : « la variable X influence positivement (ou négativement) la variable Y » — directionnelle, précise, contredisable. L’objectif d’un travail de recherche n’est pas de valider les hypothèses mais de les mettre à l’épreuve du réel ; une hypothèse non confirmée est un résultat.

Raisonnements, processus de recherche, postures

Trois façons de raisonner. La déduction tire des conclusions de prémisses par la seule vertu du raisonnement (si toute entreprise compte un organe de direction, cet hôtel en compte un) ; c’est le seul raisonnement qui démontre ses conclusions. L’induction tire une loi générale d’un grand nombre de faits (mille cygnes blancs → tous les cygnes sont blancs) ; féconde, jamais logiquement garantie. L’abduction infère la cause la plus vraisemblable d’un fait constaté, à titre d’hypothèse (le diagnostic médical). Peirce : abduction, « cela se comporte probablement ainsi » ; induction, « effectivement ainsi » ; déduction, « définitivement ainsi ».

Le processus de recherche relie quatre pôles : les théories et la littérature, la conceptualisation et les hypothèses, les prédictions, les faits établis par l’observation. La démarche hypothético-déductive va des théories aux hypothèses, des hypothèses aux prédictions, et confronte les prédictions aux faits ; la logique inductive remonte des faits aux théories ; la démarche abductive va du fait surprenant à l’hypothèse probable. Cette année, nous parcourons la boucle dans le sens hypothético-déductif, et le plan de recherche est figé avant la collecte.

PositivismeConstructivismeInterprétativisme
ObjectifExpliquer la réalité, découvrir des relations stables (« pour quelles causes… »)Construire une représentation ou un outil utile pour l’action (« pour quelles finalités… »)Comprendre les significations que les individus attachent à leur réalité
La réalitéExiste indépendamment de l’observateur ; hypothèse déterministeN’est jamais indépendante de celui qui l’observe ; elle se construitExiste parce que le chercheur en prend conscience ; interaction
Sujet et objetIndépendance : le chercheur est extérieur, neutreDépendance : le chercheur participe à la constructionInterdépendance : le chercheur est dans le phénomène
Méthodes privilégiéesQuantitatives : mesure, questionnaire, testsQualitatives : intervention, conceptionQualitatives : entretiens, immersion, récits
Valeur de la connaissanceVérifiabilité, confirmation, réfutabilitéUtilité, adéquation, enseignabilitéCohérence avec l’expérience des sujets

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Adapté de Thiétart (2014) et Gavard-Perret et al. (2018).

Ces postures se concurrencent plus qu’elles ne s’additionnent : on ne peut pas croire à la fois à des lois générales à mesurer et à des réalités uniques à comprendre. Le choix de cette année — démarche hypothético-déductive, données quantitatives, posture positiviste assumée mais aménagée — se justifie par quatre raisons : la question est de type « déterminants de… » et appelle une mesure ; la littérature est mûre (modèles éprouvés, échelles validées) ; trois contextes à comparer exigent des mesures identiques ; et nous savons que toute observation est imparfaite, ce que les limites diront.

Six mots pour l’année. Un concept est une représentation intellectuelle : une étiquette, des attributs, des exemples. Une variable est un concept rendu mesurable (Y : ce que l’on explique ; X : ce qui l’explique). Une hypothèse est une relation attendue entre deux variables, directionnelle et réfutable, justifiée par la littérature. Un modèle est l’ensemble des hypothèses représenté en schéma. Une théorie est une hypothèse vérifiée qui reste soumise aux faits nouveaux. Une vérité scientifique est une proposition construite par un raisonnement rigoureux et vérifiée par l’expérience, réutilisable par d’autres.

D’où vient le savoir : la publication scientifique et la hiérarchie des sources

Le chercheur construit de nouveaux savoirs et les met à disposition de la communauté, surtout par des articles. Le principe est l’évaluation par les pairs : l’article est envoyé à la revue ; si l’éditeur le juge intéressant, il l’envoie à deux ou trois experts, le plus souvent anonymes, qui jugent — acceptable en l’état, révisions mineures, révisions majeures, rejet — et demandent des corrections précises ; l’auteur révise, plusieurs navettes peuvent être nécessaires. Nature rejette 92 % des articles reçus. L’anglais est la langue scientifique internationale ; les revues sont classées (CNRS, FNEGE) en catégories 1 à 4 selon la sélectivité et la rigueur de l’arbitrage.

ÉtageExemples dans notre domaineUsage dans le dossier
Revues scientifiques à comité de lecture (classées)Journal of Service Research, Journal of Business Research, International Journal of Hospitality Management, Tourism Management, Annals of Tourism Research ; Recherche et Applications en Marketing, Décisions MarketingFonder la revue de littérature, les hypothèses et les échelles de mesure
Ouvrages scientifiques, thèses, actes de colloquesManuels de méthodologie (Thiétart ; Gavard-Perret et al.), theses.fr, communications de congrèsCadrer les concepts et les méthodes ; attention aux livres à compte d’auteur
Rapports, études, institutionsINSEE, ministères, Xerfi, fédérations professionnelles, cabinets d’étudesDocumenter le contexte managérial en chiffres
Presse professionnelleL’Hôtellerie Restauration, Néorestauration, revues de la restauration collectiveIllustrer la situation qui suscite la question ; en note de bas de page, jamais en bibliographie
Vulgarisation, presse générale, blogs, WikipédiaScience & Vie, quotidiens, sites de fournisseurs, réseaux sociauxRepérer un sujet, trouver des pistes — jamais fonder une preuve

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Le schéma pivot et le plan du projet

La démarche hypothético-déductive enchaîne dix étapes ; chacune nourrit la suivante, et la conclusion répond à la question posée au départ.

Contexte managérialUne situation réelle qui interroge
Question de rechercheFormulée dans le langage du terrain
LittératureCe que la science sait déjà
Problématique« Quels sont les déterminants de… ? »
Hypothèses et modèleDes relations X → Y réfutables
MesureDes échelles validées, un questionnaire
CollecteUn échantillon, un protocole, des données
TestLes hypothèses confrontées aux données
DiscussionConfronter aux travaux antérieurs
RecommandationsDes décisions fondées sur des preuves

L’anatomie de l’introduction. Le contexte managérial présente une situation concrète qui suscite des interrogations (revues professionnelles, presse, études sectorielles). La question de recherche surgit de l’analyse critique de la situation, formulée dans le langage d’un non-spécialiste. Le point sur la littérature donne un rapide état de l’art. La problématique se dégage de l’examen critique de l’état de l’art — « quels sont les déterminants de… ? », « quelles sont les conséquences de… ? ». Puis les objectifs et l’annonce du plan. La question vient du terrain ; la problématique est reformulée par la science et relie des variables.

De la revue au modèle. La revue est construite à partir de la littérature scientifique : une première section sur la variable à expliquer (Y), une seconde sur les variables explicatives (X). Les hypothèses relient chaque X au Y, dans un sens précis, avec un argument tiré de la littérature ; le modèle les représente en schéma et il est figé avant la collecte.

Du test à la discussion. La méthodologie est l’ensemble des méthodes utilisées pour tester les hypothèses : échelles trouvées dans la littérature, questionnaire, échantillon, fiabilité et validité, méthodes de test. Les résultats sont présentés sans être analysés. La discussion confronte les résultats obtenus à ceux attendus et à la littérature, et discute les raisons des correspondances et des écarts. Les apports sont théoriques, méthodologiques et managériaux ; les limites (taille de l’échantillon, secteur particulier) ouvrent des voies de recherche.

Ce qui fait la scientificité d’un dossier n’est pas le formalisme mais la cohérence interne (la question, la littérature, les hypothèses, la mesure et l’analyse s’enchaînent), la traçabilité (le lecteur peut suivre le cheminement des données aux résultats) et la capacité de généralisation (ce que l’on établit vaut au-delà de l’échantillon). Chacun des huit critères de la grille en découle.

Le thème 2026-2027 : ce que l’on sait, ce qui reste à établir, vos groupes

Fil rouge : le parcours de la promotion 2025-2026

Pour rendre la démarche concrète, la première séance a suivi pas à pas le travail réalisé l’an dernier sur le robot réceptionniste. Contexte : pénurie de main-d’œuvre et pression sur les coûts, robots déployés à l’accueil, retrait d’une partie des robots du Henn-na Hotel au Japon. Question : « les clients accepteront-ils d’être accueillis par un robot humanoïde ? ». Littérature : modèles d’acceptation des technologies (TAM, UTAUT2), anthropomorphisme, vallée de l’étrange, risque perçu à plusieurs facettes. Problématique : « quels sont les déterminants de l’intention d’accepter un robot réceptionniste humanoïde ? ». Modèle : l’anthropomorphisme perçu accroît l’utilité perçue et le plaisir anticipé, qui accroissent l’intention ; les risques perçus la réduisent. Mesure : échelles validées, traduites et adaptées, réponses de 1 à 5. Stimulus : une vidéo de dix secondes, la même pour tous. Collecte : 206 répondants pour l’hébergement. Test : modélisation par équations structurelles (PLS-SEM).

Les pages de l’an dernier restent consultables : le hub DRA 2025-2026, de la revue de littérature au modèle, le cadre théorique, et les résultats pour l’hébergement, la restauration commerciale et la restauration collective.

Ce que 2025-2026 a établi

RelationRobot cuisinierRobot réceptionnisteRobot serveur
Anthropomorphisme → utilité perçue0,62 ***0,67 ***0,68 ***
Anthropomorphisme → plaisir anticipé0,68 ***0,72 ***0,64 ***
Plaisir → intention0,46 ***0,60 ***0,53 ***
Utilité → intention0,43 ***0,28 ***0,37 ***
Risque vie privée → intention−0,05 (ns)−0,10 *0,01 (ns)
Autres risques (malaise, déshumanisation, emploi) → intentionnsnsns
R² de l’intention0,770,810,75

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*** significatif à 0,1 % · * significatif à 5 % · ns : non significatif. β : sens et force de l’effet ; R² : part de la variable expliquée par le modèle.

Plaisir anticipé et utilité perçue sont les deux moteurs de l’intention ; l’anthropomorphisme agit en amont ; parmi quatre risques, seule la vie privée freine directement, et seulement à la réception. Pour un hôtelier : miser sur l’expérience, rassurer sur les données, soigner l’apparence et la voix du robot — et ne rien bâtir sur un résultat non établi.

Ce qui reste à établir

  • Validité externe. Chaque base a été recrutée séparément : les différences entre réception, salle et cuisine tiennent-elles au robot ou aux répondants ? Une réplication rigoureuse s’impose.
  • Stimulus. Un seul robot, plutôt mécanique (anthropomorphisme perçu moyen : 1,86 sur 5). Un robot plus humain déclencherait-il davantage de plaisir… ou davantage de malaise ?
  • L’énigme des risques sociétaux. Crainte pour l’emploi : 4,03 sur 5 ; déshumanisation : 4,16 sur 5. Et pourtant aucun effet direct sur l’intention. Frein ? Antécédent ? Condition ?
  • Mesure. Plaisir et intention sont trop proches aux yeux des répondants : des items d’intention plus comportementaux (choisir, recommander) sont à construire.

Une réplication-extension

Le projet 2026-2027 est une réplication-extension d’un modèle antérieurement testé. Répliquer : tester à nouveau le socle établi en 2025-2026 dans trois contextes, avec un questionnaire au noyau identique et un stimulus homogène. Critiquer : reconstruire ce socle à partir de vos propres lectures et discuter ce que la littérature dit vraiment de la place des risques. Étendre : proposer et justifier une ou deux variables propres à votre robot et améliorer la mesure de l’intention. Un modèle affiné est par ailleurs en cours d’évaluation scientifique ; il sera présenté en novembre, une fois vos propres propositions formulées. La recherche ne consiste pas toujours à inventer un modèle nouveau : répliquer, généraliser et étendre sont des contributions à part entière.

Trois robots, trois groupes de contexte

GroupeRobotQuestion de départPistes d’extension
G1 · L3 MHR hébergementRobot réceptionniste (accueil, enregistrement, renseignements)Les clients accepteront-ils d’être accueillis par un robot humanoïde ?Confiance, compétence perçue, besoin d’interaction humaine, présence sociale
G2 · L3 MHR restaurationRobot serveur (prise de commande, service en salle)Les clients accepteront-ils d’être servis par un robot humanoïde ?Chaleur perçue, risque de performance, dimension hédonique du repas, tolérance à l’erreur
G3 · L3 MRCRobot cuisinier (cuisine devant le convive et lui remet le plat)Les convives accepteront-ils de consommer un plat préparé par un robot humanoïde ?Sécurité alimentaire perçue, qualité anticipée du plat, néophobie alimentaire ou technologique

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Groupes, équipes, rôles

Le groupe de contexte (12 à 14 étudiants, un robot) produit les livrables du semestre : matrice de synthèse, modèle, hypothèses, échelles. Il est divisé en équipes de 3 à 4 étudiants (A, B, C, D…) qui se répartissent les lectures, les concepts et les échelles, et présentent l’oral du 15 janvier. Les rôles (coordination, lecture, mesure, terrain) tournent à chaque étape. Chaque étudiant fiche ses articles, contribue à la matrice et au modèle, recrute 20 répondants et rédige son propre dossier. Chaque groupe dispose d’un espace partagé (fiches, matrice, versions du modèle, fichier des items) ; en séance de pilotage, un « maître du temps » et un « parking » des sujets qui débordent (méthode Pomodoro).

Vos livrables du semestre

DateLivrable
25 septembre2 fiches de lecture par étudiant (1 relue sur grille) · matrice v1
13 octobreMatrice v2 · concepts retenus · quiz d’étape
16 → 23 octobreModèle v2 · tableau des hypothèses · revue v1
20 novembreItems.xlsx (échelles traduites, adaptées, codées) · brief vidéo
16 décembreLancement de la collecte : premières invitations envoyées
15 janvierÉcrit (QCM) · oral par équipe · parties 1 à 3 du DRA (v1)
31 janvier20 répondants par étudiant

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Entre les séances, le travail se fait en équipe et à distance : comptez deux à trois heures par semaine de lecture et de rédaction au premier semestre, davantage pendant la collecte.

Les règles du jeu

Lire. Des articles scientifiques, le plus souvent en anglais : l’aide à la traduction est autorisée, la compréhension doit être la vôtre. Un article lu = une fiche de lecture.

Citer. Chaque référence citée a été ouverte et lue. Zotero et le style « Le tapuscrit » pour la bibliographie. Une référence inventée disqualifie le travail.

IA. Un copilote, jamais un pilote : explorer, reformuler, traduire, critiquer, oui ; produire un texte que vous n’assumez pas, non. Une déclaration d’usage figure en annexe du dossier (charte détaillée en séance 2).

Ensemble. Collectif n’est pas copié : les matériaux du groupe sont partagés, le raisonnement et la rédaction sont personnels ; une déclaration de contribution figure en annexe du dossier. La soutenance vérifie que vous savez expliquer chaque choix.

L’atelier de demain : la fiche de lecture

L’atelier de lecture a lieu en séance 2 : chaque étudiant remplira sa première fiche de lecture sur l’article de Gursoy D., Chi O. H., Lu L. et Nunkoo R. (2019), « Consumers acceptance of artificially intelligent (AI) device use in service delivery », International Journal of Information Management, vol. 49, p. 157-169 — la variable à expliquer, les variables explicatives, les hypothèses, la méthode, l’échantillon, les résultats, les apports et les limites. Cette mécanique est celle de tout article scientifique.

Pour la séance 2 (vendredi 11 septembre, 8 h)

  • Venir avec un ordinateur ; vérifier l’accès à la bibliothèque universitaire (Cairn, ScienceDirect) avec vos identifiants UT2J.
  • Créer un compte Zotero (facultatif mais recommandé).
  • Relire le schéma pivot et le processus de recherche (théories → hypothèses → prédictions → faits) ; savoir à quelle étape correspond chaque livrable du semestre. Le vocabulaire de la séance (faits, conjecture, réfutation, hypothèse, modèle, déduction, induction, abduction, positivisme, évaluation par les pairs, hiérarchie des sources) est la matière du quiz d’étape.
  • Garder la question de votre groupe en tête : ce que vous en pensez… et ce qui vous ferait changer d’avis.

Documents de la séance

  • Support de la séance 1 (PDF, 47 diapositives)PDF · 694 KoTélécharger
  • Fiche « Le DRA en une page » : calendrier, livrables, évaluationsDOCX · 14 KoTélécharger
  • Fiche « Organisation des groupes et des équipes »DOCX · 13 KoTélécharger
  • Document de consignes « Dossier de fin d’année — L3 en alternance » (barème de notation inclus)PDF · 7,1 MoTélécharger